Commençons par faire le tour des differents types de micros :
  1. Dynamiques
  2. A ruban
  3. Electret
  4. Statiques à large capteur

  • Les micros dynamiques
comme le type SM58 Shure, sont à la fois les plus solides et les moins chers, ils ne nécessitent aucune alimentation phantom car ils produisent leur propre signal par l’intermédiaire d’une bobine et d’un aimant, comme un HP.

Ces micros surtout utilisés sur scène sont assez peu sensibles et évitent donc l’effet larsen si souvent présent lors des balances d’orchestres.

On les utilise aussi beaucoup pour le chant et les batteries en les plaçant très près de la source et en étant presque sûr de ne pas repiquer les autres instruments.

Le défaut de ces micros, c’est aussi leur qualité, faible sensibilité et spectre assez peu étendu.



 


  • Les micros à ruban
Ce sont aussi des micros dynamiques, mais le principe du ruban (très ancien) donne un spectre très étendu, malgré une dynamique extrêmement faible, il est conseillé pour ces micros d’avoir un préampli à la hauteur, mais leur son est absolument superbe et très coloré avec, le plus souvent une bosse dans les hauts médiums.


Ces micros sont en général chers et fragiles, et très sensibles au vent, le M160 par exemple, que j’utilise énormément, est la référence des prises de son cinéma, et quand vous voyez ces énormes bonnettes plus proches du lapin angora que de la mousse, c’est un M160 à ruban qui s’y cache.

Attention pour les Leslies, en vitesse rapide, on entend beaucoup le bruit du vent, donc il faut le lapin angora, un éloignement plus important des ouïes de la cabine, et un préampli de grande qualité et ultra-puissant, le tout pour un coût non envisageable par l’amateur (3x M160 et un triple préamp, comptez plus de 3000 euros l’ensemble).


  • Les électrets





Vous les connaissez bien, ce sont des micros statiques à petites capsules et nécessitant comme tous les statiques, une alimentation de 1,5 a 48v phantom.

Ils sont d’une grande sensibilité, fonctionnent avec les tables pourvues d’une alim phantom, avec un spectre très étendu de l’ordre de 30 a 18000 hz.

De plus ces micros sont peu onéreux sauf, bien entendu le très haut de gamme, par exemple, un couple d’électret Samson C02 avec ses suspensions coûte 125 euros et l’équivalent chez Neumann, c’est 2500 euros.

Croyez-moi, les Samson sont excellents et la différence avec les Neumann est assez faible quant au rendu sonore.


  • Les statiques à large capteur ou capsule


Face avant avec directivité cardioïde


Face arrière avec réglages passe bas et atténuation


Un micro russe peu cher et excellent : l'Oktava MK219

Bien sûr, ce sont les Rolls des micros, en particulier les Neumann U67 à lampes ou U87 plus récents, mais les prix de ces micros s’échelonnent de 2500 euros à 5000 euros la pièce, et à cela, il faut ajouter les préamplis avec alim 48v et les suspensions, très chères chez Neumann.



Un set de prise de son Leslie revient à plus de 10.000 euros, mais c’est vraiment le top absolu de la prise de son.

Attention toutefois à la sensibilité de ces micros statiques, car un stylo qui tombe sur le parquet à 10 m s’entendra comme si c’était à quelques centimètres, et il est indispensable d’utiliser ceux-ci en cabine, sinon ils reprennent tous les bruits parasites.

On peut citer aussi une autre référence, les AKG C414.

Et enfin, beaucoup de fabricants chinois ou australien proposent maintenant des micros statiques à larges capsules pour des prix très bas, Rhodes entre autres, et, si la qualité n’est pas celle d’un Neumann, vous pouvez déjà avoir de très bon micros pour un coût proche de celui des micros à ruban, et un bon set statique peut s’acquérir pour moins de 1500 euros, sachant que les alimentations 48v et les préamplis de la plupart des consoles sont adaptés à ce matériel.

Même de petites consoles de faible qualité comme les Berhinger fonctionnent avec des statiques, alors que pour un ruban, elles sont totalement sous-dimensionnées quant à leurs préamplis.

Une dernière chose à préciser, si les dynamiques, les électrets et les statiques large capsule supportent, voire se servent du 48v phantom, envoyer du 48v dans un ruban, l’endommage irrémédiablement.

Il est donc important d’avoir des consoles ou des préamplis avec un commutateur de 48v par tranche et non par 4 ou 8, ce qui est, certes, moins cher, mais surtout très dangereux.

Passons maintenant à la pratique, et nous commencerons par la scène, car la prise de son studio fera l’objet d’une suite dans un prochain numéro d’Hammond’n Buzz.

Si en studio, il est important d’utiliser au moins 3 micros, sur scène 2 sont amplement suffisants. Un pour la trompette du haut et un pour les basses.

N’oublions pas que nos oreilles sont assez proches l’une de l’autre et qu’un seul micro bien placé sera suffisant pour reproduire l’effet Leslie.

Bien sûr, la solution 2 micros sera un peu meilleure, mais a condition de les placer façon ORTF (on appelle cela le couple ORTF) c’est à dire avec un angle de 90° pour éviter l’opposition de phase qui est le cauchemar des preneurs de son et des sonorisateurs compétents.





Certains préamplis ou tables possèdent des inverseurs de phase, mais c’est une solution à éviter car elle monoïse le signal stéréo.

2 micros face/face annulent un grand nombre de fréquence, et, on se retrouve avec un tout petit son sans comprendre pourquoi. Donc, jamais de micros face à face.

Le micro des basses sera placé sur un pied court et surtout lourd, et si possible sur un bout de moquette pour éviter les vibrations dues aux infra-basses des Leslies, en particulier des nouvelles Leslies dont les basses sont impressionnantes ( 2101/2121, 3300).

Les 2 micros du haut seront eux aussi placés sur des pieds stables et sur moquette si possible, avec l’angle préconisé et visible sur la photo.

Il est bon d’avoir un plug-in ou un analyseur de spectre et de phase, mais sur scène c’est assez rare, et les bons sonorisateurs connaissent parfaitement ce souci d’opposition de phase et placent leurs micros en conséquence, à vous de faire de même.

Enfin, l’équilibre haut et bas est très difficile à réaliser, car les sonorisateurs ont tendance à mettre trop de basses, ce qui est le plus facile à reproduire et fait de l’effet sur le public, mais souvent au détriment de la qualité et du vrai son Hammond.

Ne vous laissez pas faire, et pensez qu’il y a toujours trop de basses dans la salle, les retours ne donnant que rarement une idée du son réel capté par le public. L’idéal est d’avoir un autre clavier avec soi et d’aller entendre le son dans la salle, et ensuite, tous réglages effectués, faire ajouter 2db sur chaque tranche car une salle vide est très différente d’une salle remplie.

De même, la réverb sera augmentée pour le concert (de 10 a 15%) pour compenser l’absorption des fréquences aigues par le public.

Voilà pour cette première partie concernant la sonorisation scénique et les micros à employer, on peut aussi utiliser des rubans dans les mêmes conditions, à condition de savoir placer le ruban. Il existe un petit point rouge permettant de donner la position verticale de base des rubans, et l’on peut jouer ensuite sur la position de ce point pour faire varier le spectre et la sensibilité.

Enfin tous les micros ont une certaine directivité, la plus courante étant la cardioïde, qui prend surtout face au micro et peu en arrière, et l’autre l’omni-directionnelle qui prend de face, de dos et peu sur les cotés, il y a d’autres variantes comme l’hyper-cardioïde, mais pour ce qui nous intéresse c’est la directivité cardioïde qu’il vous faut.

Ces micros seront traités dans un prochain numéro, et je vous donnerai aussi les références et les prix moyens de ces matériels.

Bons concerts à tous, et dans quelque temps, bon enregistrement.


Une vue d'ensemble des micros présentés